#sauvonspmf : ite, missa est. La messe est dite : Lecornu ferme le REP à Val de Reuil et à la Madeleine !

Les élèves et les familles vivent un grand moment de tristesse, et de colère pour certains. On ferme des collèges.
Pas n’importe quels collèges, des collèges REP (réseau d’éducation prioritaire). Le sentiment d’injustice est grand pour les élèves qui habitent les quartiers concernés. #sauvonspmf Il est d’autant plus grand que les écoles rattachées aux collèges REP+ bénéficient elles aussi des moyens supplémentaires, comme les classes dédoublées que le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a mises en place à la rentrée 2017 pour les REP+ (les collèges Pablo Neruda à Évreux et Alphonse Allais à Val de Reuil, tous deux REP+, ainsi que les écoles qui y sont rattachées, sont concernés).
Dès la rentrée 2018, ce sont 5600 classes de CP et CE1 qui seront dédoublées en REP et en REP+. Malheureusement, dès le prochain réexamen de la carte du Réseau d’Éducation Prioritaire à l’échelle nationale, le réseau Eurois aura été mis à bas.
Le Conseil départemental de l’Eure a décidé de la fermeture du collège REP+ Pablo Neruda, de la fermeture du collège REP Pierre Mendès France, et la resectorisation votée va sortir le collège Alphonse Allais du réseau.
Il n’y aura plus aucun collège REP+ dans l’Eure.
A Val-de-Reuil, le Réseau d’Éducation Prioritaire disparaît entièrement, du fait de la fermeture d’un excellent collège, avec un bon taux de réussite, et du fait que l’autre, avec une mixité sociale plus favorable sur le papier, va sortir du réseau. Val-de-Reuil est aujourd’hui entièrement REP ; demain il sortira complètement du REP.
Ces mères d’élèves, même issues de l’immigration, qui scandaient liberté, égalité, fraternité, et entonnaient la Marseillaise devant les portes du Département, ont été sonnées par la décision et le vote du Conseil départemental. Après ce coup de massue, nous avons entendu ces mères, en larme, dire qu’elles ne mettront pas leur enfant dans un autre collège.
Les enfants qui étudient dans un collège laïc à 200 mètres de chez eux devront faire désormais 40 minutes de car pour se rendre dans des collèges aux classes plus bondées, sans les bénéfices du REP+. Je leur souhaite une bonne réussite scolaire dans un système qui sera demain plus méritocrate.
Rappelons-les, ces moyens spécifiques mis en place, le constat et les objectifs présentés pour les REP :
  • Si l'École française a d'incontestables réussites, elle doit progresser encore dans sa capacité à réduire les inégalités sociales. Cette faiblesse est l'une des causes de la perte de confiance des Français en leur École.
  • Pour combattre la difficulté scolaire, il faut donc agir à la racine en portant une attention spécifique aux plus fragiles.
  • Des études scientifiques démontrent que réduire la taille des classes permet aux élèves les plus fragiles de progresser.
  • Conformément aux engagements du Président de la République, dès cette rentrée, environ 2 500 classes de CP situées dans les réseaux d'éducation prioritaire renforcés (Rep+) sont dédoublées.
  • Aux rentrées suivantes, les CP et les CE1 en réseaux d'éducation prioritaire (REP et REP+) seront dédoublés à leur tour.
Que ce soit à la Madeleine ou à Val-de-Reuil, nous sommes dans le contexte d’une population plus fragile. La ville de Val-de-Reuil est l’une des communes aux habitants les plus pauvres de France. On ne peut que considérer, à priori, que c’est une population fragile.
Pourtant ça marche ! Selon l'Éducation nationale (et selon nous) :
« Les élèves des classes à effectifs réduits ont mieux réussi que ceux scolarisés dans les classes témoins. Ce gain s’observe dès la première année et se maintient ensuite, y compris quand les élèves des classes à effectifs réduits ont rejoint des classes de même taille que les autres. »
Il faut, toujours selon l'EN, y développer une pédagogie adaptée : « L’enseignement doit être particulièrement structuré, progressif et explicite. Non seulement il s’agit de donner du sens aux apprentissages, mais il faut aussi les envisager dans leur progressivité. Ce nouveau contexte d’enseignement doit, plus encore qu’ailleurs, permettre de personnaliser les apprentissages. »
Le calendrier nous est donné. Pour quoi faire si c’est pour l’abandonner sitôt adopté ? C’est donc juste un effet d’annonce : on donne aux populations les plus fragiles, face à la télé, ce que l’on leur retire dans la réalité, dans la vraie vie.
Dans l’Eure, on a tué les REP. Radicalement. Un cas d’école - ou une expérimentation pour le reste du pays demain ?
Sous la houlette de Sébastien Lecornu, ministre, secrétaire d’État à l’écologie (!), du premier cercle de M. Bruno Lemaire, ministre de l’économie, nous allons tester un modèle qui pourrait aller à l’encontre de notre modèle d’intégration :
Les enfants de Criquebeuf vont-ils aller dans un collège en mixité sociale annoncée (et comptabilisée), ou bien déroger, ou bien aller à côté de chez eux, à Fénelon, dans le privé catholique ?
Les familles de la Madeleine, qui voient s’ériger une mosquée salafiste, avec une dizaine de classes d’enseignement prévues, à quelques pas de leur ancien collège, ne vont-elles pas être tentées d’y mettre leurs enfants ? Au risque de se retrouver avec un quartier divisé,un communautarisme provoqué par la disparition du collège à côté de la maison ?
Nous devons proposer l’éducation, pas seulement l’imposer. Voudrait-on, en supprimant les collèges de proximité laisser les familles préférer d'autres écoles qui se trouveront à proximité, qu'on ne ferait pas mieux.
Face à l'offre privée, sous contrat ou hors contrat, et quelle que soit la confession des écoles, collèges, lycées, l’intérêt général n’est-il pas de proposer l'alternative de notre modèle laïc afin de restaurer la cohésion sociale ?
Il ne s'agit pas de proposer seulement un socle lire-écrire-compter, en ajoutant une narration de l’Histoire des gaulois jusqu'aux rois - cités dans l’ordre chronologique… Nous pouvons offrir beaucoup plus, la capacité à évoluer dans notre monde moderne : littérature, mathématiques, technologies, les techniques, l'économie, sport, culture, et toutes les matières qui permettent de nous intégrer et de nous projeter dans un monde décidément bien complexe. Y compris la géographie, et elle se situe bien à l’échelle du monde. Y compris comprendre la politique, les sciences de la vie et de la terre, l’écologie, la sociologie, la philosophie, les arts, la musique, l’analyse des médias et de l’information, la législation, l’éthique,… Bref, tout le savoir et la compréhension du monde dans lequel ils vivent et vont vivre. Ils vont devoir s'y intégrer, le réparer, le reconstruire.
Tout cela passe commence par l'éducation, l'apprentissage, et la réussite scolaire. Celle qui donne le goût d'apprendre, d’acquérir savoirs et compétences. La façon dont nous saurons éduquer les élèves d'aujourd'hui déterminera la face de notre pays et du monde de demain.
Savoir lire et écrire est une base. Le REP est un outil indispensable pour beaucoup pour cette acquisition. Tout le monde n'aura pas la chance de réussir comme on le voudrait. Mais tous ceux qui s'en sortiront nous remercierons. Pas parce qu'on les envoie se balader en cars à travers toute une agglomération. Parce qu'ils auront réussi à l'école, puis leurs vies.
Faire le choix de conserver ces collèges que réclament les familles, c'est faire le choix de la lutte contre la déscolarisation, le décrochage scolaire, puis l'échec social. Tous les français ont le droit d'apprendre, de travailler, d'être logés, de fonder une famille, de réussir sa vie.
Les collèges dans les quartiers font le lien entre République et citoyens, entre enseignants et familles. Un lien durable, de la maternelle, à l'école puis au collège. C'est le pied à l'étrier. Les enseignants transmettent cette connaissance des familles et des élèves, d'une école à l'autre voisine, puis au collège voisin. Luttons contre l'ignorance. Celle des citoyens en construction, mais aussi celle des élus de la nation, qui ignorent manifestement ces territoires et ses habitants.
La balle est dans le camp du département, du DASEN (l'Éducation Nationale) et du Préfet (l'État).
Les économies seront bien là pour eux :
  • pas d’investissement dans un collège, et réduction de frais de fonctionnement, pour le département;
  • pour l’Éducation nationale, on l’a dit, c’est l’économie de professeurs, dans un contexte où l’enseignement n’attire plus de vocations : profs sous-payés, malmenés, trimbalés, salaires gelés. On trouve les offres d’emplois de professeurs contractuels à Pôle emploi, dans les offres d’emplois des journaux locaux, ou sur le bon coin. Pourtant, peu d’offres aux concours. Plus d'enfants par classe, c'est moins de professeurs, n'en déplaise aux objectifs ambitieux affichés par le ministre;
  • pour le Préfet, qui représente l’État, une économie sur l’EN, évidemment;
  • peut-être une autre sur la politique de la ville (50 M€ étaient prévus pour Val-de-Reuil) ;
  • un pas en avant vers la méritocratie ; et une nouvelle orientation de notre politique intérieure. La fin de l’intégration, peut-être. La méritocratie, le pragmatisme et l’efficacité économique pour le moins. Un sujet très politique. Vouloir la réussite personnelle, la culture élitiste, la réussite entrepreneuriale, c'est entendable. Mais quand il n’y a plus de places pour tout le monde dans la société, dans l’emploi, l’éducation et la culture pour tous sont une priorité.
Mais pour le contribuable, cela coûtera plus cher.
  • Plus cher en transport : pour 110 000 euros d’économies de fonctionnement annuel pour PMF, la CASE compte 300 000 euros de plus pour les transports scolaires. Certes, cela tombe bien, la loi NOTRe a confié la compétence des transports scolaires des collèges à la Région depuis le 1er septembre. Cela n’est plus le problème des départements, mais des agglomérations et de la Région. Ce sont elles qui devront passer à la caisse. Au final, c'est le contribuable qui paye. Du bonneteau fiscal;
  • il y aura un coût social, avec l'augmentation du risque de décrochage scolaire, avec toutes les conséquences pour l'avenir des gamins, des familles;
  • il y aura un coût pour l'agglomération et la commune de Val-de-Reuil. Alors que la construction ou la rénovation d'un collège est une compétence du département pleine et entière, l'agglomération Seine-Eure et la commune de Val de Reuil proposent de financer la construction d'un nouveau collège à 75%. Ce n'est pas tout : ils proposent d'en financer le fonctionnement pour 4 ans. 10 millions €. Énorme ! Val de Reuil, dont les habitants sont parmi les plus pauvres de France, propose un financement extraordinaire pour sauver le collège PMF et le Réseau d'Éducation Prioritaire à Val de Reuil et dans l'agglomération. Nous savons qu'il y a danger. La commune et l'agglomération sont prêts à sauver. Et les conseillers départementaux de droite ou LREM réclament l'argent pour eux ! Le beurre, l'argent du beurre, et avec ça le sourire de la crémière ? Sérieusement, les urgences sociale et éducative méritent mieux que la provocation. Non pas gratuite : payée par les plus démunis.
Nous allons payer plus d'impôts, pour fermer des collèges. Nous quittons un modèle d'intégration et d'éducation qui vaut ce qu'il vaut, mais qui est préférable au sentiment d'abandon des populations. L'école éclaire les citoyens qui se construisent. C'est juste le phare de la nation. Et on l'éteint dans l'Eure. Quelle inconséquence !
Pour les transports scolaires dans la CASE, c'est juste n'importe quoi. Ce qui est gagné dans une poche est pris dans les autres.
Tout cela dirigé de main de maître par nos chefs locaux (et nationaux) LREM. Bravo à eux.
En face, les parents d’élèves, les élèves eux-mêmes, qui ont manifesté bruyamment pour conserver leurs collèges qu’ils aiment (ce n’est pas rien, ça !), les enseignants, l’unanimité des politiques de l’agglomération Seine-Eure - sauf la voix de madame Hafida Ouadah. Ignorés, bafoués, empêchés par les forces de l'ordre (qui ont néanmoins été bien aimables et polis envers nous lors des manifestations. Comme quoi, ils sont citoyens aussi. sûrement un peu parents ?). Les politiques de la CASE ont été abreuvés d'insultes et méprisés tout comme nous. M. Lecornu a réussi à marier la carpe et le lapin : l'union sacrée des politiques de la CASE contre le département sur ce sujet, tous bords confondus.
C'est inédit, du PCF à la droite, unis main dans la main pour défendre PMF face à la droite départementale.
Mais M. Lecornu continue de rester sourd, sa majorité continue de la suivre aveuglément, et les pouvoirs publics restent muets.
Les arguments de la majorité droite-gouvernementale : "ce n'est pas dans un but d'économie, mais dans le but d'améliorer la mixité sociale" ; "Il faut apprendre la mobilité aux enfants" ; "il faut les sortir de leur ghetto"... Des alibis.
Ce n'est pas ce que demandent les familles : elles veulent garder leur collège. Et ce n'est pas ce que souhaite le ministère, qui appelle à nouer des relations plus étroites avec les parents, et une pédagogie adaptée. Peut-on entendre les familles, les élèves et les enseignants ?
Les équipes éducatives souhaitent garder le contact sur le terrain, la proximité, des classes aux effectifs adaptés, un enseignement plus personnalisé.
Pas les heures de car, l'immersion dans des collèges 800, dans des classes saturées, sans possibilité d’accompagnement personnalisé, et loin des familles.

PMF, Pablo Neruda : Silence, on ferme !

Pour le Conseil départemental et M. Lecornu, c’est plié : il faut fermer deux collèges à Évreux et Val de Reuil, en échange d’un nouveau collège construit au Neubourg.
Ce sont les seules considérations budgétaires qui sont la cause de ces coupes sèches dans le budget des collèges, mais aussi dans le budget de l’Éducation nationale : les moyens supplémentaires accordés grâce au Réseau d'Éducation Prioritaire vont disparaître dans les écoles du fait de la fermeture des collèges REP. Ceux collèges sont des collèges REP+ et REP (Réseau, dans des quartiers les plus pauvres du département, qui font ou ont fait l’objet d’une politique prioritaire de la ville). Les quartiers de Netreville à Évreux, tout comme Val de Reuil - germe de ville, sont les deux seuls quartiers de l’Eure retenus pour le NPNRU (Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain).
Un nouveau programme national de renouvellement urbain pour Val de Reuil.
Celui de Val de Reuil permettrait de s’appuyer sur un financement de 50 millions pour réhabiliter les quartiers autour du collège PMF. Les deux premiers plans ANRU ont permis à la population de s’approprier leur ville, leur quartier, considérés jusqu’à lors comme une cité-dortoir. Val de Reuil est devenue un lieu de vie, un « chez-soi », et non plus une ville-dortoir. Les travaux continuent, pour plus d’intégration sociale, et plus de mixité et de diversification sociale. Dans ce troisième programme de renouvellement urbain, ce sont les quartiers proches de PMF, Climuche et Coulis, qui vont être réhabilités. Mais ce sont 1000 logements neufs privés qui sont attendus. Les premiers sortent de terre face à PMF qui devient le lien entre ces quartiers historiques, qui devraient être réhabilités, et les nouveaux quartiers qui pourraient permettre à ceux qui travaillent sur la zone d’activité de Val de Reuil de se loger, en profitant d’une ville rajeunie, de tous les services, dont la gare qui permet de se rendre facilement à Paris ou à la métropole.
Tout cela est au conditionnel, car on comprend bien que parmi les services pour les familles qui voudraient s’installer, l’éducation est une priorité pour les enfants. C’est le cas aujourd’hui avec un collège qui est le pignon de ces quartiers, et qui permet même aux écoles d’accorder des moyens supplémentaires qui facilitent la réussite scolaire.
Va-t-on fiche en l’air ce programme prioritaire ? Le risque est de rater ce nouveau programme de renouvellement urbain, faute de possibilité pour les nouveaux arrivants de rentrer dans un système scolaire à la hauteur des enjeux locaux, mais aussi nationaux : Le ministre M. Blanquer prône des nouveaux moyens, notamment pour les CP en REP (12 élèves maximum par classe), mais à quoi bon si dans le même temps on sort les écoles qui en ont besoin du statut REP ? C’est une priorité nationale de lutter contre le décrochage scolaire - 150 000 décrocheurs sortent chaque année du système scolaire sans diplôme - et pourtant on retire moyens et éducation de proximité, ce qui favorisera le décrochage dans une zone où il existe des emplois, mais des emplois qualifiés. Au final, on pourrait sentir une volonté de vraiment ghettoïser ces quartiers. Alors qu’à la Madeleine, il y a un bassin d’emplois, certes peu qualifiés, et qu’à Val de Reuil, il y a un très gros bassin d’emplois qualifiés, au point qu’on a besoin de chercher les compétences ailleurs au lieu de les former sur place, on ferme les collèges.
Autrement dit, le boulot, c’est pas pour les locaux. Qu’ils aillent découvrir de nouveaux horizons, et se former hors de leurs quartiers.
Pourquoi les plus pauvres devraient le faire, quand les plus aisés ont le droit, eux, de rester dans leurs quartiers. Sont-ils moins mobiles ? N’ont-ils pas besoin, eux, de découvrir de nouveaux horizons ?
Petit bémol, les ruraux et rurbains, ceux de Saint-Pierre du Vauvray, Saint-Etienne du Vauvray, Andé, Portejoie, Tournedos, allaient jusqu’à lors au collège des Fougères de Louviers. Il est difficile de construire des collèges en milieux rural quand les villes toutes proches concentrent collèges, équipements sportifs et culturels, et services. Tout s’y passe bien : malgré un taux de CSP défavorisées de 57%, grâce à la cohésion de l’équipe pédagogique, grâce aux effectifs maîtrisés du fait du classement REP, 96% de réussite au brevet : un record !
Les fermetures : une décision comptable, mais des manoeuvres clientélistes et des décisions politiques.
Les élus locaux ont pourtant jeté un pavé dans la mare, allumé une mèche d’un pétard qui au final risque de péter à la figure de tous les habitants : pour modifier la destination des collégiens de nos communes de Louviers vers le Vaudreuil, les maires du pôle de communes Saint-Pierre - Saint Etienne - Andé ont demandé en 2015 à ce que la carte scolaire de notre agglomération soit réétudiée. C’est en tous cas ce qu’on comprend dans un courrier du maire de saint-Etienne du Vauvray à destination des parents d’élèves. Pourtant, tout allait bien pour les élèves aux Fougères.
Bilan des courses, aux dernières nouvelles, les élèves n’iront pas au Vaudreuil, mais à Louviers, au Hamelet. Ce sont les élèves de Poses qui iront au Vaudreuil. Et ceux de des écoles Léon Blum et Louise Michel de Val de Reuil qui iront au Vaudreuil. Mixité sociale et géographie auront eu raison du clientélisme.

Eure : le Conseil départemental ferme les collèges REP, PMF à Val de Reuil, et Pablo Neruda à Évreux, “pour en finir avec les ghettos !”

C’est madame Hafida Ouadah qui ouvre le bal de cette deuxième partie.
Madame Hafida Ouadah demande à M. Coquelet s’il sait ce qu’est un ghetto, un quartier populaire et un quartier en difficultés, et ses problématiques.
Le fait d’entendre les propos de MM. Coquelet et Masson « l’interpelle lourdement ».
Pour elle, il faut fermer ces collèges : « Parce qu’aujourd’hui, les enfants ont droit à autre chose. Si aujourd’hui on peut fermer ces collèges, pour les sortir du quartier, qu’ils puissent voir autre chose, puissent être tirés vers le haut, rencontrer d’autres personnes, de nouvelles personnes…. » 
Reconnaissant que les quartiers sont en voie d’amélioration, qu’il y a un bon tissu associatif local, qu’on est loin des émeutes de 2005 (qui ont explosé partout en France après la mort de deux jeunes dans un transformateur à Clichy-sous-Bois, NDR), « mais on doit quand même rester en veille », nous dit-elle.
« Tenir de tels propos, [elle est] absolument scandalisée. Pour rejoindre ce que vous disiez tout à l’heure, M. Coquelet, pour revenir sur le mépris des familles et de la population. Vous la connaissez la population, vous aussi. Vous la connaissez bien. Quand on va sur la dalle à Val de Reuil, qu’est-ce qu’on trouve la journée ? Il y a quand même un certain nombre de jeunes regroupés dans des périmètres bien définis, toute la journée. Quand [elle] y passe, il y a presque plus d’une cinquantaine, entre la dalle et le café en bas, à des heures où ils sont censés être scolarisés ou au travail.
Si c’est produire du chômage, produire des décrocheurs que de laisser le collège PMF ouvert, [elle n’est] pas d’accord ».
C’est vraisemblablement le message le plus effrayant que j’ai entendu au cours de cette session.
Je ne connais pas bien madame Ouadah. Nous l’avons rencontrée une fois au CA du collège des Fougères, dans son canton, juste avant les élections. Elle nous avait alors fait l’éloge de la mission d’accompagnement et expliqué qu’elle s’attacherait à être assidue. Nous ne l’avons plus jamais revue.
Je rappelle ce qu’avait lancé M. Lecornu à M. Masson : « C’est pas une rente d’être conseiller départemental, il faut travailler !»
Heureusement, nous sommes allés chercher M. Jubert qui fait partie de son binôme. J’en profite pour féliciter M. Jubert, car lui est très attaché à sa mission, et au-delà parfois de nos désaccords, ou de nos accords, nos rapports restent toujours respectueux et courtois.
Je trouve les propos de madame Ouadah effrayants, car ce qu’elle demande, c’est simplement de supprimer les collèges dans les quartiers.
Elle parle pour Val-de-Reuil et son germe de ville de « ghetto ». Déjà, ça, c’est choquant.
Ce qu’on voit, c’est une ville nouvelle, concept unique dans l’Eure, et par bien des côtés, unique en France : une ville sans monument aux morts. Un ville avec une séparation des flux piétons qui vivent au dessus, et des flux automobiles qui passent en dessous. On circule en bas, on vit en haut, là où l’on trouve les commerces et les services, les écoles, le théâtre, le ciné ou la piscine.
Avec la gare intégrée, il y a pire comme ghetto. On pourrait y voir un grand village franco-européo-africain, où la vie se passe globalement bien, avec 70 nationalités différentes, avec, il est vrai, une forte population musulmane.
La politique de la ville y est volontariste et participe à la qualité de vie : des équipements sportifs,  un grand stade, des gymnases, une piscine, des équipements sportifs et de détente répartis à travers la ville. Sans compter le lac de Léry-Poses et sa plage, à quelques minutes à pied ou en vélo, l’équitation, les activités nautiques et le kayak, j’en passe… ce sont aussi des équipements culturels, un théâtre, un cinéma, une école de musique et danse (500 participants).
Et un coeur de ville basé autour de la dalle, un grand espace piétonnier, colonne vertébrale de ce centre-ville qui relie la place du marché et les commerces d’un côté, au collège PMF de l’autre. On est en sécurité en ville.
Faut-il, pour leur bien, soi-disant, fermer les collèges pour que les jeunes de 10 à 15 ans aillent trouver leur voie ailleurs, qu’ils échappent à ce que madame Ouadah appelle un ghetto ?
Faut-il de même fermer le collège Alphonse Allais, situé à 700 mètres de PMF, pour les mêmes raisons : mettre les enfants à l’abri du ghetto ? Si c’est un ghetto, rasons Allais, rasons le ghetto tant qu’on y est ?
Le territoire de la CASE, et notamment Val-de-Reuil est le territoire le plus riche de l’Eure. Grâce au Pharma-Parc d’abord, et son industrie pharmaceutique et biotechnologique.
On y trouve parmi les plus grands data centers de France et d’Europe : ceux d’Orange, d’EDF, de BNP Paribas, SFR, Iliad (Free), en raison de sa géographie (idéalement situé à 100 km de Paris, sur l’axe ferroviaire Le-Havre-Paris où transite la fibre) et de son climat.
Mais oui, il y a inadéquation entre cette activité riche et porteuse d’emplois et un taux de chômage qui dépasse les 25%.
Ce n’est pas avec moins d’éducation et de formation que les jeunes trouveront un emploi dans leur secteur qui est le plus dynamique de l’Eure. C’est avec plus d’éducation, plus de formation, et sûrement à assurer en partage avec les grandes entreprises du Pharma-parc pour faire correspondre les compétences des Rolivalois à celles que recherche une industrie toujours en croissance.
Le Lycée Marc Bloch accueille 780 élèves pour 600 places. Ça craque. Il y a deux collèges, PMF et Alphonse Allais, respectivement REP et REP +, et grâce à l’inscription des deux collèges au Réseau d’Éducation Prioritaire, les 7 écoles (bientôt huit) sont reliées à ce réseau, avec des moyens supplémentaires.
Quatre perdraient leur classement, avec les conséquences qu’on sait, quand certains parents ont des difficultés pour l’aide aux devoirs.
Et c’est aussi parce que Marc Bloch  appartient à ce réseau qu’il bénéficie par exemple de  la Convention d’éducation prioritaire qui permet à ses élèves d’accéder à Sciences Po.
Ce n’est avec moins d’éducation qu’on tirera les enfants vers le haut, mais au contraire, avec plus d’éducation.
Et la solution, si l’on veut améliorer la mixité sociale, ce n’est pas de réaliser ce grand Bonneteau entre les populations de tout le territoire :
  • Les populations des quartiers sensibles de Louviers (Acacias, Maison Rouge) auxquelles on adjoindrait les 105 en provenance de l’école des Dominos qui vont aujourd’hui à PMF ;
  • Les classes moyennes de notre pôle de communes rurbaines et rurales, de Connelles à Andé, Saint-Pierre du Vauvray, Saint-Etienne du Vauvray, etc - ceux qui réussissent le mieux au collège des Fougères, qui tirent les autres vers le haut, justement - seraient resectorisés vers le collège plus gentrifié du Vaudreuil ;
Deux chiffres : 57% de CSP défavorisées au collège des Fougères, et 96% de réussite au brevet.
Un résultat exceptionnel, que l’on va mettre à la casse. Mais ce résultat, il est dû à des effectifs maîtrisés, du fait du classement REP. Comme c’est le cas à Val-de-Reuil. Dès l’an prochain, aux Fougères, il y aurait 58 élèves supplémentaires, avec 61% de CSP défavorisées.
La solution pour attirer des élèves vers le collège PMF, c’est déjà ce que réalise la politique de la ville : les logements sortent de terre tous les jours autour du collège et dans la ville. Les habitations jaillissent là où elles s’étaient arrêtées en 1980. En face du collège PMF et vers la gare.Le département ne veut pas les voir, même si madame Diane Leseigneur concède gracieusement 60 élèves supplémentaires. Mais pas la poursuite du plan ANRU tant qu’il ne sera pas sorti de terre.
Ce qui n’est pas fantasmatique Vernon, est un fantasme à Val de Reuil.
L’autre solution, qui tombe sous le sens, c’est d’améliorer la mixité sociale en déplaçant quelques dizaines d’élèves de Pont-de-l’Arche, de rénover le collège 600 sans augmenter la capacité à 800 élèves, et d’envoyer les élèves qui sont en classes modulaires jusqu’en 2021vers PMF. Avec à la clé des économies à prévoir sur les 13,5 M€.
Les élèves de Pont-de-l’Arche sont-ils moins mobiles que ceux de Val-de-Reuil ? Avec seulement 28% de CSP défavorisées, c’est le collège le plus déséquilibré du territoire. Et, pourtant envoyer des élèves de Hyacinthe Langlois vers PMF permettrait d’améliorer grandement la mixité sociale à PMF. Et permettrait aux enfants les plus riches de constater qu’on est bien accueillis dans la ville nouvelle. Qui n’est pas un ghetto.
Le département pratique-t-il une politique pour les riches, ou bien une politique pour tous ?
Et ne venons pas dire qu’il ne faut pas opposer les riches aux pauvres, ou les personnes issues de l’immigration aux français de souche. Cela existe.
Considérant que les riches votent beaucoup, beaucoup plus qu’à Val-de-Reuil. Considérant que la population de Val de Reuil est beaucoup plus pauvre et moins mobiles.
Quand j’entends le message pathétique de madame Ouadah, je ne serais pas loin d’être moi-même scandalisé, si je ne pensais que les Conseillers de la majorité sont en service commandé pour justifier, de toutes les façons possibles,  une fermeture contestée sur la base d’arguments très solides.
Et nous aussi sommes en veille par rapport à des fermetures dans des quartiers où s’installent des mosquées quand la République abandonne le terrain.

Transports – Une nouvelle gare à Évreux ? Ce que veulent les Eurois, c’est plus de trains pour la Normandie

Une nouvelle gare à Évreux ? Ce que veulent les Eurois, c’est plus de trains pour la Normandie

L’idée du jour concernant la réalisation d’une nouvelle gare dans le quartier de Nétreville à Évreux semble faire l’unanimité chez les élus. Il s’agirait d’une gare alternative à la « gare betterave » excentrée, initialement envisagée. Elle est censée s’inscrire sur le nouveau tronçon Évreux-Mantes, retenu dans les phases prioritaires du projet Ligne Nouvelle Paris-Normandie (LNPN). Ce tronçon ne répond pas à une nécessité matérielle mais à un besoin politique. Le tronçon actuel Évreux-Mantes est-il saturé ? Non, il ne l’est pas. Le seul tronçon saturé et prioritaire est le tronçon Mantes-Paris, dont les travaux doivent être engagés au plus vite.

Les partisans de cette nouvelle gare nous déclarent, sans trop nous expliquer, l’intérêt d’adhérer à ce choix pour enfin satisfaire les relations d’Évreux avec l’Agglo Seine-Eure et la métropole rouennaise. Rappelons qu’entre Rouen et Évreux, ce sont près de 10 000 déplacements qui s’effectuent par jour, en incluant les déplacements de l’agglomération Seine-Eure vers les deux préfectures.

Mais, toutes les gares qui fonctionnent bien sont en cœur de ville, ce sont celles qui permettent l’accès piétons au centre-ville, qui sont reliées au transport public urbain… Cette nouvelle gare de Nétreville serait simplement située 6 km avant la gare actuelle pour les trains en provenance de Mantes, à proximité d’un échangeur routier avec la RN 154 !

Une nouvelle gare périphérique permettrait-elle d’envisager enfin une liaison ferrée entre Évreux et  Rouen, la métropole normande ? Cette nouvelle gare permettrait-elle d’améliorer la liaison ferrée entre Caen, capitale normande, et la métropole de Rouen ? À ces deux questions cruciales pour les Normands la réponse apportée est malheureusement négative.

La seule réponse en matière de mobilité normande qu’apporterait cette nouvelle gare de Nétreville, située à proximité de l’échangeur de la RN 154, ce serait une liaison routière par le car (le car SNCF VTNI, le car départemental, ou un car Macron…) ou bien par la voiture.

Ces liaisons routières, qui n’offrent pas la même qualité de mobilité que le train, sont plus polluantes et émettrices de CO2. Elles sont surtout la conséquence du fantasme politique actuel en faveur des autoroutes et des TGV – en liaison avec de juteux programmes de spéculation foncière et immobilière – au détriment de l’environnement et de la qualité de vie.

Avec ou sans gare à Nétreville, si vous habitez à Évreux, vous pouvez vous rendre à Paris ou à Caen par le train mais pas à Rouen ! Le rayonnement normand de la métropole rouennaise se trouve ainsi grandement pénalisé.

Exigeons ensemble une liaison ferrée utile pour tous les Normands : la liaison Évreux-Rouen. Ce serait bon pour la mobilité des Eurois ; bon pour l’attractivité de la métropole rouennaise ; c’est en outre une piste de solution pour améliorer la liaison Rouen-Caen via Évreux.

À l’heure où les responsables politiques doivent s’emparer des enjeux climatiques, un investissement dans une liaison ferroviaire utile et nécessaire devrait primer sur les réponses routières et autoroutières.

Une liaison ferrée Rouen-Évreux-Caen serait plus bénéfique au rayonnement d’une métropole moderne et durable qu’un contournement autoroutier de Paris à péage, via la liaison A28-A13 – faussement qualifiée de contournement de Rouen (1). L’argent des contribuables normands serait plus utilement employé pour un service ferroviaire de qualité que pour accorder de nouveaux bénéfices aux sociétés d’autoroutes (2). C’est le sens des responsabilités, vis-à-vis du climat, des enjeux de mobilité et des finances publiques.

(1) La liaison A28-A13 amènera par ailleurs la privatisation du tronçon routier de la RN 154 entre Rouen et Évreux, comme c’est déjà le cas après Évreux, côté Eure-et-Loire, où la RN 154 est en voie d’être requalifiée en autoroute A154 (pour plus d’informations lire : FEUILLEUX François, « Voici le tracé de la future autoroute A154 en Eure-et-Loir », L’Écho Républicain, 16 novembre 2016. Accessible en cliquant ici).

(2) Les sociétés d’autoroutes ont été épinglées à ce titre par la Cour des comptes (pour plus d’informations lire : COUR DES COMPTES, « Les relations entre l’État et les sociétés concessionnaires d’autoroutes », 24 juillet 2013. Accessible en cliquant ici).

La Suite Commentez à la une

Contournement Est, A28-A13 : un projet politique, nuisible pour l’environnement, les habitants, la qualité de vie, la santé, les finances publiques et les collectivités.

liaisons-nord-sud
Le contournement Est de Rouen qui nous a été présenté, l'autoroute à péage, n'a pas fait l'objet de débat public.
Un débat public avait eu lieu en 2005, pour un autre contournement à l'Est, sur un autre tracé, pas autoroutier, pas à péage, qui n'était pas un recours à un partenariat public-privé (ppp), sous forme de délégation de service public. il n'y avait pas 8 viaducs, autant de destruction de nature, de forêts, de terres agricoles. Le projet de 2005 coûtait 3 fois moins cher.
En 2005, l'axe Calais-Bayonne était en cours de réalisation : c'était l'A28, qui a ouvert en 2007. Déjà les CCI promouvait cet axe nord-sud.
En 2014, les citoyens et contribuables ont eu la possibilité de participer à une concertation, non pas un débat public, qui n'a fait que montrer l'opposition des riverains et des habitants, et des usagers.
Le maître d'ouvrage a présenté son projet, les citoyens ont pu, pas tous, poser des questions, dans un format limité dans le temps aux alentours de 3 minutes.
Le maître d'ouvrage répond largement, ou ne répond pas, notamment avec la demande répétée, maintes fois, sur les gains de temps, où nous n'avons entendu en réponse, une fois : "nous pensons qu'il y aura des gains de temps."
Et bien, pas nous, en tous cas pas pour les Casois, et pas pour les quelques exemples qui ont été présentés lors de l'enquête publique.
Au final, après une concertation publique, l'autorité reste libre de sa décision.
Le 7 janvier 2015, le sinistre jour de l'Attentat de Charlie, Ségolène Royal, Ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, et Alain Vidalies, Secrétaire d'État charge des transports de la mer et de la pêche ont donné leur accord pour la poursuite des études préalables à l'enquête publique.
Cette enquête, ouverte le 12 mai 2016 a permis au public d'accéder aux 4000 pages du dossier. Le public aura donc eu deux mois pour prendre connaissance de toutes les pièces, de se faire un avis, poser des questions, dénoncer les nombreuses erreurs qui émaillent le dossier, et aussi donner des avis, et c'est nouveau, les citoyens, associations ou partis, se sont vus proposé de présenter des alternatives. Le contournement ouest bien sûr. Mais pas seulement : puisque la Région met 20 millions sur la table pour étudier la réouverture de la ligne ferroviaire Rouen-Evreux, ne passant pas forcément par la vallée de l'Iton, la possibilité d'étudier la poursuite de cette ligne jusqu'à Orléans, donnant au port de Rouen la possibilité d'augmenter ses capacités d'acheminement, et surtout : sans encombrer les routes, les agglomérations, et en évitant les pollutions.
Ça, cela améliorerait vraiment la qualité de vie de rouennais. Et permettra de conserver la place de nos ports, plutôt que les offrir en pâture aux grands ports du nord.
Serqueux-Gisors pour le port du Havre et Paris, et Orléans-Rouen, pour le port de Rouen, 1er port européen pour les céréales, pour l'instant.
L'enquête publique est terminée, depuis le 11 juillet à 15h45.
Les contributions ne sont plus visibles du public depuis ce moment. C'est bien dommage, et très peu "open data".
La commission d'enquête va rédiger un rapport sur le déroulement de l’enquête et consignera dans un document à part ses conclusions motivées.
Puis le gouvernement décrétera l’utilité publique du projet, la mise en compatibilité des documents d’urbanisme, et le statut autoroutier de l’infrastructure.
Attendu que les contributions ne sont plus visibles du public, je vais placer quelques unes que nous avons produites, collectivement, et qui démontrent l'inutilité, et même la toxicité de l'infrastructure.
La 1ère contribution que je mets en ligne, c'est un point de vue citoyen sur l'intérêt général, régional et local de l'infrastructure.
La Suite Commentez à la une

Derniers Articles Par Catégorie

juin
09

Olivier Razemon : comment la France a tué ses villes, à Évreux

Qu'on se rassure, le dernier chapitre s'intitule "Comment la France peut sauver ses villes."
Olivier Razemon est journaliste, notamment au Monde, et auteur de plusieurs ouvrages sur les transports, la ville et leurs rapports avec les citoyens. Il est invité Par Laetitia Sanchez, EELV, avec Françoise Martin, PRG, et Timour Veyri, PS. Avant un débat autour de son livre "Comment la France a tué ses villes", une déambulation d'une heure dans Évreux sera l'occasion de faire le constat de la vacance commerciale en centre-ville qui s'aggrave chaque année. Près de 1% supplémentaire chaque année, nous en sommes à près de 10% de vacance commerciale en moyenne en ville.
Des vitrines vides, mais aussi, de plus en plus de logements vacants.
En 15 ans, la vacance commerciale a été multiplié par 4. Seules les métropoles et les très grandes villes réussissent à maintenir un vacance aux alentours de 6%. Une moindre perte.
Mais où vont donc les commerces ? Les gens consomment-ils moins du fait de la crise ?
La consommation augmente de 1,5% par an. C'est beaucoup déjà, plus que l'inflation.
Mais c'est en périphérie que vont les consommateurs. En auto. dans la grande distribution : hypermarchés, centres commerciaux accueillant la plupart des enseignes qui résidaient en centre-ville auparavant.
Le parc progresse de 3% par an, le double de l'augmentation de la consommation.
La guerre, ou la concurrence, fait rage maintenant entre zones d'activités commerciales. Et elles tombent, les unes après les autres, des friches commerciales qui rouillent là où il y avait encore des champs il n'y a pas bien longtemps.
Les centres-villes et les petits et moyens commerces sont les 1ère victimes. Est-ce inéluctable ?
Non. Mais il faut combattre les à-aprioris. Le mode de vie des Français est focalisé sur l'auto. Et les commerçants des centres-villes sont encore une majorité à penser qu'il faut toujours plus de place à la voiture, alors même que 20% des foyers n'ont pas de voiture. Des clients semble-t-il piégés à l'intérieur des villes. Oui, si les commerces disparaissent. Mais si l'on rend de nouveau la ville praticable et respirable, les clients auront du bonheur à s'y promener et s'y rencontrer.
Il faut cesser de se plaindre du fait qu'on ne trouve plus de superette pour acheter quelques commission, et en même temps faire toutes les courses dans les hypers.
Cesser de se plaindre de la pollution quand on est coincé dans une file de voitures, parce qu'on y est soi-même bloqué en voiture.
Cesser de pester contre un monde qui se tue à la recherche de ressources rares lorsqu'on change de smartphone dès que la mode de la dernière version le dicte.
Mais le maître-mot, c'est la place de l'automobile en ville. Et dans les villages. On prend la voiture pour quelques centaines de mètres, parfois moins, et on râle parce qu'il n'y a pas de place libre.
Or, les villes qui réussissent à survivre et à limiter leur taux de vacances commerciales, ce sont les métropoles, comme Rouen qui prend de plus en plus conscience de la nécessité de réserver de la place aux piétons. Merci les écolos. Mais qui peine encore à traiter la circulation à vélo, quand dans nombre de grandes villes, le vélo a surpassé l'auto.
Pour les commerçants, ce sont des clients qui portent moins de volume et de poids qu'un gros 4x4, mais beaucoup plus souvent, sans polluer, en quête de qualité de vie. Et d'économie, quand 15% du budget des ménages passe dans la voiture.
Et ce sont des clients qui reviennent plus souvent, qui se fidélisent.
Comment la France a tué ses villes, Olivier Razemon
Je vous invite à lire cette étude passionnante - "comment la France a tué ses villes"Comment la France a tué ses villes, Olivier Razemon -, où les diagnostics font froid dans le dos, mais qui reste parfaitement optimiste, tans les solutions sont à porté de main.
Elles arriveront tout ou tard, par le remplacement des vieux briscards de la politique qui voient leurs villes mourir en allant inaugurer leurs prédateurs en périphérie des villes, et aussi par l'évolution des modes de vie en ville. On change, mais on ne le voit pas encore assez.
Mais on change, inéluctablement, et nous allons devoir nous adapter aussi. Très vite.

Le diagnostic en vidéo, avec Olivier Razemon et Laetitia Sanchez :

Les solutions, on les connaît, elles font du bien, mais... ça change les habitudes :


La Suite Commentez transport
juin
09

Olivier Razemon : comment la France a tué ses villes, à Évreux

Qu'on se rassure, le dernier chapitre s'intitule "Comment la France peut sauver ses villes."
Olivier Razemon est journaliste, notamment au Monde, et auteur de plusieurs ouvrages sur les transports, la ville et leurs rapports avec les citoyens. Il est invité Par Laetitia Sanchez, EELV, avec Françoise Martin, PRG, et Timour Veyri, PS. Avant un débat autour de son livre "Comment la France a tué ses villes", une déambulation d'une heure dans Évreux sera l'occasion de faire le constat de la vacance commerciale en centre-ville qui s'aggrave chaque année. Près de 1% supplémentaire chaque année, nous en sommes à près de 10% de vacance commerciale en moyenne en ville.
Des vitrines vides, mais aussi, de plus en plus de logements vacants.
En 15 ans, la vacance commerciale a été multiplié par 4. Seules les métropoles et les très grandes villes réussissent à maintenir un vacance aux alentours de 6%. Une moindre perte.
Mais où vont donc les commerces ? Les gens consomment-ils moins du fait de la crise ?
La consommation augmente de 1,5% par an. C'est beaucoup déjà, plus que l'inflation.
Mais c'est en périphérie que vont les consommateurs. En auto. dans la grande distribution : hypermarchés, centres commerciaux accueillant la plupart des enseignes qui résidaient en centre-ville auparavant.
Le parc progresse de 3% par an, le double de l'augmentation de la consommation.
La guerre, ou la concurrence, fait rage maintenant entre zones d'activités commerciales. Et elles tombent, les unes après les autres, des friches commerciales qui rouillent là où il y avait encore des champs il n'y a pas bien longtemps.
Les centres-villes et les petits et moyens commerces sont les 1ère victimes. Est-ce inéluctable ?
Non. Mais il faut combattre les à-aprioris. Le mode de vie des Français est focalisé sur l'auto. Et les commerçants des centres-villes sont encore une majorité à penser qu'il faut toujours plus de place à la voiture, alors même que 20% des foyers n'ont pas de voiture. Des clients semble-t-il piégés à l'intérieur des villes. Oui, si les commerces disparaissent. Mais si l'on rend de nouveau la ville praticable et respirable, les clients auront du bonheur à s'y promener et s'y rencontrer.
Il faut cesser de se plaindre du fait qu'on ne trouve plus de superette pour acheter quelques commission, et en même temps faire toutes les courses dans les hypers.
Cesser de se plaindre de la pollution quand on est coincé dans une file de voitures, parce qu'on y est soi-même bloqué en voiture.
Cesser de pester contre un monde qui se tue à la recherche de ressources rares lorsqu'on change de smartphone dès que la mode de la dernière version le dicte.
Mais le maître-mot, c'est la place de l'automobile en ville. Et dans les villages. On prend la voiture pour quelques centaines de mètres, parfois moins, et on râle parce qu'il n'y a pas de place libre.
Or, les villes qui réussissent à survivre et à limiter leur taux de vacances commerciales, ce sont les métropoles, comme Rouen qui prend de plus en plus conscience de la nécessité de réserver de la place aux piétons. Merci les écolos. Mais qui peine encore à traiter la circulation à vélo, quand dans nombre de grandes villes, le vélo a surpassé l'auto.
Pour les commerçants, ce sont des clients qui portent moins de volume et de poids qu'un gros 4x4, mais beaucoup plus souvent, sans polluer, en quête de qualité de vie. Et d'économie, quand 15% du budget des ménages passe dans la voiture.
Et ce sont des clients qui reviennent plus souvent, qui se fidélisent.
Comment la France a tué ses villes, Olivier Razemon
Je vous invite à lire cette étude passionnante - "comment la France a tué ses villes"Comment la France a tué ses villes, Olivier Razemon -, où les diagnostics font froid dans le dos, mais qui reste parfaitement optimiste, tans les solutions sont à porté de main.
Elles arriveront tout ou tard, par le remplacement des vieux briscards de la politique qui voient leurs villes mourir en allant inaugurer leurs prédateurs en périphérie des villes, et aussi par l'évolution des modes de vie en ville. On change, mais on ne le voit pas encore assez.
Mais on change, inéluctablement, et nous allons devoir nous adapter aussi. Très vite.

Le diagnostic en vidéo, avec Olivier Razemon et Laetitia Sanchez :

Les solutions, on les connaît, elles font du bien, mais... ça change les habitudes :


La Suite Commentez transport
juin
09

Olivier Razemon : comment la France a tué ses villes, à Évreux

Qu'on se rassure, le dernier chapitre s'intitule "Comment la France peut sauver ses villes."
Olivier Razemon est journaliste, notamment au Monde, et auteur de plusieurs ouvrages sur les transports, la ville et leurs rapports avec les citoyens. Il est invité Par Laetitia Sanchez, EELV, avec Françoise Martin, PRG, et Timour Veyri, PS. Avant un débat autour de son livre "Comment la France a tué ses villes", une déambulation d'une heure dans Évreux sera l'occasion de faire le constat de la vacance commerciale en centre-ville qui s'aggrave chaque année. Près de 1% supplémentaire chaque année, nous en sommes à près de 10% de vacance commerciale en moyenne en ville.
Des vitrines vides, mais aussi, de plus en plus de logements vacants.
En 15 ans, la vacance commerciale a été multiplié par 4. Seules les métropoles et les très grandes villes réussissent à maintenir un vacance aux alentours de 6%. Une moindre perte.
Mais où vont donc les commerces ? Les gens consomment-ils moins du fait de la crise ?
La consommation augmente de 1,5% par an. C'est beaucoup déjà, plus que l'inflation.
Mais c'est en périphérie que vont les consommateurs. En auto. dans la grande distribution : hypermarchés, centres commerciaux accueillant la plupart des enseignes qui résidaient en centre-ville auparavant.
Le parc progresse de 3% par an, le double de l'augmentation de la consommation.
La guerre, ou la concurrence, fait rage maintenant entre zones d'activités commerciales. Et elles tombent, les unes après les autres, des friches commerciales qui rouillent là où il y avait encore des champs il n'y a pas bien longtemps.
Les centres-villes et les petits et moyens commerces sont les 1ère victimes. Est-ce inéluctable ?
Non. Mais il faut combattre les à-aprioris. Le mode de vie des Français est focalisé sur l'auto. Et les commerçants des centres-villes sont encore une majorité à penser qu'il faut toujours plus de place à la voiture, alors même que 20% des foyers n'ont pas de voiture. Des clients semble-t-il piégés à l'intérieur des villes. Oui, si les commerces disparaissent. Mais si l'on rend de nouveau la ville praticable et respirable, les clients auront du bonheur à s'y promener et s'y rencontrer.
Il faut cesser de se plaindre du fait qu'on ne trouve plus de superette pour acheter quelques commission, et en même temps faire toutes les courses dans les hypers.
Cesser de se plaindre de la pollution quand on est coincé dans une file de voitures, parce qu'on y est soi-même bloqué en voiture.
Cesser de pester contre un monde qui se tue à la recherche de ressources rares lorsqu'on change de smartphone dès que la mode de la dernière version le dicte.
Mais le maître-mot, c'est la place de l'automobile en ville. Et dans les villages. On prend la voiture pour quelques centaines de mètres, parfois moins, et on râle parce qu'il n'y a pas de place libre.
Or, les villes qui réussissent à survivre et à limiter leur taux de vacances commerciales, ce sont les métropoles, comme Rouen qui prend de plus en plus conscience de la nécessité de réserver de la place aux piétons. Merci les écolos. Mais qui peine encore à traiter la circulation à vélo, quand dans nombre de grandes villes, le vélo a surpassé l'auto.
Pour les commerçants, ce sont des clients qui portent moins de volume et de poids qu'un gros 4x4, mais beaucoup plus souvent, sans polluer, en quête de qualité de vie. Et d'économie, quand 15% du budget des ménages passe dans la voiture.
Et ce sont des clients qui reviennent plus souvent, qui se fidélisent.
Comment la France a tué ses villes, Olivier Razemon
Je vous invite à lire cette étude passionnante - "comment la France a tué ses villes"Comment la France a tué ses villes, Olivier Razemon -, où les diagnostics font froid dans le dos, mais qui reste parfaitement optimiste, tans les solutions sont à porté de main.
Elles arriveront tout ou tard, par le remplacement des vieux briscards de la politique qui voient leurs villes mourir en allant inaugurer leurs prédateurs en périphérie des villes, et aussi par l'évolution des modes de vie en ville. On change, mais on ne le voit pas encore assez.
Mais on change, inéluctablement, et nous allons devoir nous adapter aussi. Très vite.

Le diagnostic en vidéo, avec Olivier Razemon et Laetitia Sanchez :

Les solutions, on les connaît, elles font du bien, mais... ça change les habitudes :


La Suite Commentez transport

#sauvonspmf : ite, missa est. A quoi sert aux élus de débattre ? On ferme PMF et le REP à Val-de-Reuil.

#sauvonspmf
Le Gouvernement est gentil, le monarque Macron satisfait les Français. Nettement plus martial que le précédent président, plus jeune, plus beau, plus rude. Mais nettement moins brutal dans sa gestuelle et ses paroles que le président d’avant (celui d'avant l'avant, celui du "file, indigent innocent", ou quelque chose comme ça...).` Il veut « renouer le fil du destin français »
Il dit vouloir la réussite pour tous, avec des premiers de cordée, du ruissellement, et de l’éducation.
Comme il est dans un gouvernement gentil, M. Blanquer est donc gentil lui aussi. Pas au point de conserver M. Lussault, président du ­Conseil supérieur des programmes (CSP), qu’il a jugé indigne de ses fonctions. Il juge d’ailleurs la création du CNESCO, créé par la loi de refondation de l’école intéressante en s’interrogeant sur la place du CSP dans la vie publique.
Un vieux débat qui oppose les conservateurs partisans d’une école élitiste aux défenseurs de l’école pour tous : Pour les premiers, l’école pour tous, c’est le nivellement par le bas. Les méritants, à force de travail, pourront rejoindre l’élite.
Pour les seconds, l’école est un outil pour casser le déterminisme social, qui permettrait de donner la chance à chacun de réussir, en co-éducation avec les parents.
Au-delà du débat sur la vision de l’école républicaine, est-elle l’école de la sélection dès la plus jeune enfance, ou l’école démocratique qui donne sa chance à tous, il y a évidemment le débat sur l’investissement dans l’éducation et l’enseignement supérieur. Les classements PISA (suivi des acquis), PIRLS (lecture et compréhension des textes) ou Timss (mathématiques et sciences) paraissent être un rude choc, lorsque nous apprenons que la France passe sous la barre européenne et même internationale.
Cependant, ce n’est pas un choc, mais une lente dégringolade qui dure depuis 2001, et face à laquelle nous n’avons rien fait, ou pas assez. Suppression de la formation des maîtres sous Sarkozy ; des écoles qui sont l’enjeu des décisions politiques parfois trop clientélistes, comme les rythmes scolaires - où les cycles circadiens, la semaine de cinq matinées (dont le samedi), l’allongement de l’année scolaire, n’ont pas pesé lourd face à la société des loisirs et du tourisme. Et peu importe si tous les élèves n’ont pas forcément les mêmes moyens pour le tourisme et les loisirs. Des écoles dont le financement dépend de dotations qui ont baissé, des collèges longtemps sans investissements, des enseignants recrutés hors des concours, parfois par le biais d’annonces, lancés sans formation… Quant à l’enseignement supérieur, il suffit de constater cette rentrée et la sélection par tirage au sort pour voir combien le sous-investissement massif et chronique depuis des décennies plonge le monde universitaire dans une crise sans fin, sans débouchés pour une trop grande partie des étudiants, dans de vieux murs qu’on ne peut pas repousser.
A l’école, le niveau baisse et l’argent fait trop de différences (cours particuliers, écoles privées, prépas) Emmanuel Macron, programme
Alors M. Blanquer a eu une idée, il a promis une nouveauté pour cette année, et plus encore pour la rentrée 2018 : le dédoublement des classes de CP et de CE1, afin qu’en CE2, à la fin du cycle élémentaire, tous les élèves, ou quasiment, aient acquis les connaissances qui composent le socle commun : lecture, écritures et savoirs, ainsi que les quatre opérations de base avant le CM1.
C’est un enjeu d’autant plus formidable que nous savons que nous sommes dans le déclin, et que même les jeunes qui réussissaient dans le passé se retrouvent aujourd’hui dans le bas des classements.
Le dédoublement des classes de CP des REP+ cette année, des CP et CE1 de tous les REP l’an prochain, sera sans doute une chance de réussite pour des élèves qui n’ont pas la culture de l’écrit - qui s’est amoindrie dans de nombreuses familles, et autour de nous.
Remettre cette culture de l’écrit dans l’école quand la télé et la culture web ont pris le dessus, voire totalement pris la place, nécessite un temps pris dans l’école elle-même pour acquérir cette compétence. Donc plus de temps de la part des professeurs, et moins d’élèves par classe. 100% des enfants ne connaîtront peut-être pas la réussite scolaire, la vie est difficile pour certains. Mais tous auront alors une chance.
Mais ce que le ministre Jean-Michel Blanquer donne d’une main, le secrétaire d’État à l’écologie [?] Lecornu le reprend de l’autre.
Le ministre de l’Éducation nationale a, semble-t-il, "essayé de convaincre" l’ex-président du Conseil départemental de l’Eure, Sébastien Lecornu, lequel sera resté intraitable au sujet de la fermeture de PMF.
PMF doit fermer, c'est sa volonté. Cela a été la position de tous les conseillers départementaux de droite et LREM.
En conséquence, toutes les écoles de Val de Reuil vont sortir du Réseau d’Éducation prioritaire, parce qu’un REP aura été fermé et que le second collège de Val-de-Reuil, REP+, sera un collège comme les autres « sur le papier ».
D’emblée, nous savons que les élèves des CSP favorisées iront pour la plupart dans le privé pour les enfants de Criquebeuf, ou dérogeront pour ceux de Les Damps. Mais l’entièreté des écoles et des collèges de Val-de-Reuil appartenait au Réseau d’Éducation Prioritaire.
« En même temps... » Le Ministère semble octroyer le dédoublement des classes de toutes les écoles qui sont toutes REP, et « en même temps », on ferme tout le réseau REP de la ville. Abscons, non ?
Après la fermeture et la resectorisation, l’entièreté du Réseau d’Éducation Prioritaire de la ville sera effacé, annihilé. Avec les conséquences que l’on connaît d’avance pour la commune la plus pauvre de l’Eure, l’une des plus pauvres de France. Les conséquences sur la politique de la ville. Les conséquences pour l’avenir de ses habitants, de sa sécurité, sur la politique de l’habitat... Cela donne des frissons dans le dos.
M. Lecornu a beau dire aujourd’hui "qu’il ne s’agit pas d’une histoire d’argent", nous avons eu le droit à la proposition, ou au chantage, d’une fermeture d’un autre REP (à Louviers), contre celle de PMF.
Face à ce qui était une histoire d'argent, mais qui ne l'est plus depuis la proposition de l'agglomération et de la ville de financer la reconstruction du collège, à hauteur de 10 millions €, et quatre années de fonctionnement, que reste-t-il comme argument ? La mixité scolaire. Bien mise à mal dans la réalité. Elle sera là sur le papier, quand bien même les élèves glisseront vers le privé confessionnel ou dérogeront. En vérité, l'abandon d'un territoire.
Seulement, l'ex-président du Conseil départemental de l'Eure refuse de revenir sur sa décision. Plus on dit "Non", plusieurs fois d'affilée, plus il est impossible de revenir sur sa décision. C'est le besoin de consonance cognitive. Mais pas seulement. J'imagine que son image d'autorité ne doit surtout pas être remise en jeu. Même face à la somme d'arguments raisonnés, pragmatiques et logiques qui ne devraient conduire qu'à renoncer à cette fermeture. En somme, il semble que Val-de-Reuil, il s'en fiche comme de sa troisième chaussure.
Aujourd’hui, le débat (ou plutôt la présentation, parce qu’il faut être écouté pour débattre) est terminé pour eux.
Cette fermeture est un acte aussi idéologique, que politique et financier.
La violence, celle des mots et des invectives, celle de la brutalité, est-elle la seule voie gagnante ?
Nous avons fait face à la surdité des élus de la majorité. Lors de chaque Conseil d'administration de collèges, où nous avons rencontré les élus et fonctionnaires du département, nous avons souhaité débattre en avançant des arguments rationnels, en connaissance des populations et du territoire. Nous parents d'élèves, aux côtés des personnels de l'Éducation nationale, enseignants et administratifs.
Oui, nous avons manifesté de façon digne, parfois festive, avec tambours et slogans. Mais à chaque fois, lors de nos rencontres, en levant le doigt pour prendre la parole. En étant rationnels dans nos arguments, et polis dans la forme, jusqu'à lors.
Seulement, la seule manière de fonctionner semble n'être que brutalité et insulte.
Pendant que nous nous évertuions à ne pas être dans l'invective, ni l'insulte ; pendant que nous réussissions à convaincre des élus locaux, qui n'étaient pas forcément de notre bord politique ; lorsque ces élus locaux, représentant communes et agglomération, et habitants, sont allés défendre vraiment notre cause avec des arguments et analyses pour le coup rationnels et partagés, qu'avons-nous entendu ? Des élus locaux, de droite et de gauche, rassemblés, unanimes, se faisant traiter de fainéants, de menteurs et de petite bande politique ! S'il s'agit de la seule manière de l'emporter, nous n'oublierons pas ces nouveaux usages de la diplomatie "moderne". Plutôt que de présenter nos arguments, devrons-nous fustiger ceux d'en face : "menteurs, fainéants, petites bandes politiques !"
Puisque l'on ferme le réseau REP dans l’Eure, écoutons au moins les arguments de quelques conseillers pour,  et heureusement aussi contre cette fermeture.
C’est bien entendu politique, mais c'est aussi argumenté dans la défense des collèges. Face à une droite arc-boutée au département (UDI, LREM, Sens Commun...), les élus de l'agglomération ont fait l'entente sacrée, toutes tendances confondues, pour défendre un collège dont ce serait un non-sens d'annoncer la fermeture. Et contre une resectorisation rejetée par tous, où que ce soit dans l'agglomération.
Nous verrons si le Préfet de l’Eure, tout comme le DASEN, valideront cette mixité sociale de papier. Même si M. Lecornu pèse lourd aujourd’hui.
Il en ira de l’avenir de notre agglomération, jusque là paisible, et de l’avenir de nos enfants.
Allez ensuite leur inculquer les valeurs de la République, de l’éducation, et du travail.
Bien sûr les familles s'adapteront, comme elles le peuvent. Bien sûr il y aura de la fuite vers le privé et des dérogations. « À l’école, le niveau baisse et l’argent fait trop de différences », disait M. Macron. Et bien, le niveau continuera de baisser, et l'argent fera de plus en plus la différence avec "la République en Marche" ! C'est un choix assumé, avec brutalité.
REP ne veut plus dire « Réseau d’Éducation Prioritaire », mais « éducation, Repose En Paix ».
Nous ne sommes pas dupes : si le contribuable local paye plus pour fermer un collège que pour le garder ouvert, du fait des coûts de transports, notamment, nous savons que l'État y gagnera du fait que s'il n'y a pas d'économies - au contraire - dans les finances locales, il y aura une économie pour l'État : combien de professeurs en moins dans toutes les écoles aux classes dédoublées, et dans les collèges aux classes sans effectifs maîtrisés comme dans les REP. Désormais commis de l'État, dans la majorité présidentielle, évidemment, les intérêts locaux et d'État ne coïncident-ils pas pour faire payer les uns, et pas forcément les plus riches, pour réaliser l'austérité et répartir les ressources supprimées ici sur le reste du territoire ?
Et bien, non merci, M. Lecornu. Tout en reconnaissant votre poids comme ministre, ex-président du Conseil départemental, ex-maire de Vernon, ex-président de la CAPE, président délégué derrière Frédéric Duché, et devant M. Lehongre (président actuellement du département), à SNA (Seine Normandie Agglomération), et chef de la droite du département de l’Eure. On prend les mêmes, et on les remet dans le désordre, derrière le chef. Qui plus est, du premier cercle du ministre du budget, Bruno Lemaire.
Non merci quand même. REP !
Paroles d'élus :
  1. Catherine Delalande, Sens Commun : à boulets rouges contre les REP
  2. Jean-Jacques Coquelet, l'élu de Val de Reuil : prenons le temps et réfléchissons aux conséquences
  3. Hafida Ouadah, le camp du département : apprenons la mobilité aux Casois, en commençant par les collégiens
  4. Marie Tamarelle-Verhaeghe, députée LREM : donnez l'argent de Val-de-Reuil aux autres enfants du département
  5. Gaëtan Levitre, canton d'Alizay Pont de l'Arche : les conséquences pour les élèves, les familles, la politique de l'habitat et les investissements en cours sur la CASE
  6. Bruno Questel, député LREM : Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Il va voter le fermeture de PMF
    Commençant par l'intérêt général - embêté pour l'équité territoriale parce que des élus exhibent leur "pognon" pour reconstruire le collège... il s'arrête pour rappeler à ses électeurs comment il a sauvé le collège de son canton qui avait été rayé du PPI, il avait du se fâcher pour ça... puis termine en rappelant aux élus qu'il ne sont pas élus au département pour défendre "un canton, un collège, une caserne de pompiers".
  7. Daniel Jubert, un pied dans la majorité départementale, un pied dans la CASE : il vote contre sa majorité, contre la fermeture de PMF, mais la messe était dite.
La Suite Commentez Sauvons PMF

ALEXIS FRAISSE : un candidat à vélo, lui rigole. Le vélo, c’est facile.

On lui a dit : chiche ! Il nous répond qu'il ne voyait pas où était le problème. Pas de problème, il l'a fait.
Comme il le dit, les gens se trompent sur l'évaluation des distances. On pense que le vélo prend beaucoup plus de temps que la voiture. Mais lorsqu'on ne fait que quelques kilomètres, on est étonné du temps à vélo. 5 kilomètres se font en un quart d'heure. Sans polluer, avec un gain de santé. En ville, on va plus vite que les autos, on ne perd pas de temps à chercher une place.
Par contre il est difficile de trouver des abris, et même des points d'attache. Le déplacement urbain à vélo n'est pas encore une priorité.
Faire la campagne à vélo, c'est une autre façon de visiter le territoire et de rencontrer les gens. Et faire la campagne à la campagne et à vélo, c'est un vrai bonheur.
D'ailleurs, il y a même un panneau où j'ai été le seul à coller une affiche. Sans doute les autres sont passés devant sans regarder ? Allez collègues candidats et néanmoins adversaires, à vos vélo, avec un tout petit pot de colle et une seule affiche. Une belle découverte en perspective.
un panneau oublié par tous les autres candidats
De Gaillon à Val-de-Reuil, de Louviers à Bosc-Roger-en-Roumois, en passant par des vallées superbes, celles de l'Iton, celle de l'Oison et tant d'autres, nous savons pourquoi nous devons protéger nos paysages et notre nature.
En nous voyons combien il nous reste de chemin à faire pour la mobilité du futur et le climat.

Contournement Est de Rouen : les effets attendus de la périurbanisation

Périurbanisation, quel est ce mot barbare ? C'est le phénomène de fuite de la ville vers la campagne. C'est la disponibilité de l'automobile qui a permis ce retour vers une vie plus calme, et au foncier plus accessible qu'en ville.
On a plus grand pour moins cher, avec jardin, mais souvent, éloigné de tout. C'est aussi ce qu'on appelle l'étalement urbain.
Le prix à payer, c'est l'utilisation intense de l'automobile pour les échanges avec la ville, une congestion plus forte dans les centres-villes, mais aussi sur les pénétrantes. On fait des autoroutes censées fluidifier la circulation, et de fait, on crée une offre foncière que les agglomérations ou communautés de communes rurales promeuvent.
Alors que la population est stable en Normandie depuis des décennies, les agglomérations se mettent en concurrence pour récupérer les habitants, et leurs impôts qui vont avec. Ainsi, le pays entre Seine et Bray (50.000 hab.) veut construire 5800 logements (environ 20.000 habitants) d'ici 2030. La métropole, où la population est stable, veut construire 50.000 à 60.000 et accueillir environ 40.000 nouveaux habitants d'ici 2030. La CASE n'est pas en reste, souhaitant arracher une partie du gâteau à ses concurrents Seine et Bray et métropole, en construisant 4500 nouveaux logements.
Mais quel est ce gâteau, puisqu'il y a stabilité de la population dans la région, et dans la métropole et les agglomérations alentour ? Chacun veut récupérer la population de l'autre, créant une offre tentante, et de l'étalement urbain, avec des conséquences non maîtrisées.
Tous préviennent et alertent des conséquences de la périurbanisation mal anticipée, basée sur des objectifs par trop "ambitieux", et une attente "magique" d'un impôt qui viendrait compenser la baisse de la DGF. L'AURBSE, les Directions régionales de l'Equipement, le CGI, l'Autorité environnementale...

Revoir à la baisse les prévisions de croissance démographique en cohérence avec la vision plus prudente du taux de croissance annuel du PIB.
Recommandation de la contre-expertise du CGI

face à « l’attente magique » qu’une telle infrastructure suscite après des acteurs locaux, en l’absence de stratégie, ce n’est pas elle qui créera le dynamisme, pas plus qu’elle n’apportera à elle seule, une meilleure sécurité, une moindre congestion, une moindre concentration de pollution.
AURBSE

Sans aucune maîtrise et sans volonté d’un minimum d’anticipation, un certain nombre d’intérêts s’ils sont cumulés risquent d’entraîner des développements générateurs de graves dysfonctionnements au plan global. Il y a en effet convergence entre les intérêts des ménages en quête de l’accession à la propriété mais contraints par les coûts fonciers de se reporter de plus en plus loin, ceux des entreprises qui recherchent la visibilité, l’effet « vitrine » et la meilleure accessibilité par les axes routiers et ceux des communes qui espèrent profiter de l’infrastructure pour se développer, attirer de nouveaux habitants et créer des emplois..
AURBSE

Une augmentation de population périurbaine a sur les flux de déplacements une conséquence de 1 à 3.
Direction régionale de l'Equipement

Par ailleurs, les documents de planification des principales collectivités concernées ne laissent pas envisager le développement d’un réseau de TC directement concurrentiel avec l’infrastructure nouvelle
[...] Aussi le maître d’ouvrage en a-t-il conclu qu’il n’existe globalement pas de concurrence entre le réseau de transports collectifs existants et futurs et l’infrastructure projetée et donc que l’hypothèse selon laquelle la mise en service du projet ne modifiera pas la répartition modale, pour les flux qui l’emprunteraient, est acceptable.
DREAL, en réponse au CGI

Le bilan LOTI de l’autoroute A28 indique que « le fort impact de A28 sur le développement périurbain, notamment à proximité de Rouen, n'a pas été réellement anticipé et n'a donc pas été accompagné ou orienté. Il convient d'être attentif à ces aspects lors de l'étude des projets futurs ». De fait, cet impact se constate de manière évidente dans le secteur d’Isneauville et de Quincampoix. L’Ae recommande au maître d’ouvrage, avec les collectivités concernées, de présenter à l’appui de la DUP des mécanismes permettant d’éviter, réduire et compenser effectivement les effets environnementaux négatifs de la périurbanisation supplémentaire des plateaux Est, desservis par le projet.
Autorité environnementale

L’Ae souligne en outre que les trafics associés à cette périurbanisation supplémentaire, non évalués,ne sont pas pris en compte par le modèle de trafic.
À terme, ce trafic induit en cas de non-maîtrise de l’étalement urbain est de nature à recharger les axes déchargés par le projet, et les trafics à partir desquels les différentes évaluations (qualité de l’air, bruit, consommations d’énergie, etc.) sont construites n’intègrent pas les effets de l’étalement urbain supplémentaire.
De fait, et tout le monde le souligne et alerte, les effets "magiques" se révèlent au final catastrophiques au niveau du territoire.
Faute d'apporter des solutions, le maître d'ouvrage a préféré ne pas tenir compte de ce problème réel et attendu. Les objectifs liés à l'autoroute ne seront pas atteints, et la congestion augmentée à terme.

Le contournement Est ne désenclavera pas l’Andelle !

Il était demandé aux conseillers départementaux de préciser leur position sur le contournement Est de Rouen au Conseil départemental de l'Eure. Et aussi de voter une charte qui valide l'intérêt mutuel pour les territoires de l'autoroute.
Les conseillers départementaux se diront eux-mêmes hypocrites et malicieux en votant cette délibération : tout en votant pour le projet, ils expliquent, groupe après groupe, président de département en tête, que l'autoroute n'a aucun intérêt pour les Eurois. Et que le Département ne donnera pas un sou pour financer le projet.

On peut tolérer quelques désagréments, on ne va pas, en plus, les payer.
Sébastien Lecornu, président du département de l'Eure

Il ajoute, à propos de la métropole :

[La métropole] qui est très riche, qui se fera un plaisir de financer, allègrement à mon avis, ce projet, puisque c'est pour son territoire que c'est utile.
Sébastien Lecornu, président du département de l'Eure

Tous les groupes sont représentés, et chacun s'exprimera sur l'inutilité du projet pour l'Eure et les Eurois.
  • le désenclavement de l'Andelle : constat est fait que la RD321 est devenue un couloir à camions. Pour des raisons de "GPS" : autrement dit, pour ne pas emprunter les péages.
    De Gennevilliers pour rejoindre Rouen, ou l'A13 dans sa partie gratuite (tout le département 76), 1000 camions par jour ont le droit de circuler tous les jours en plein coeur des communes et des villages, habitations, écoles...
    Les conseillers ont conscience que ce n'est pas le contournement Est qui permettra de "désenclaver" l'Andelle, qui plus est dans 8 ou 10 ans, alors que le danger et la gène se vivent au quotidien dans la vallée.
    Désenclaver, c'est "rompre l'isolement d'une région, d'une ville, d'un pays, en les ouvrant aux échanges par la mise en service de voies de communication."
    Ce que veulent les riverains de la vallée, ce n'est pas de s'ouvrir aux échanges plus encore, et de voir plus de trafic encore dans la vallée : c'est de pacifier la circulation, en supprimant les flux de trafic de transit.
    Seule l'interdiction de poids lourds le permettrait, et obligerait les camions à emprunter l'autoroute, en gagnant du temps et des kilomètres, mais en payant les péages.
    C'est cette solution d'interdiction de poids lourds en transit qui est retenue pour 2024. Idem pour la RD6015, ainsi que le tunnel de la Grand Mare.
    Mais pourquoi ce que les autorités refusent de faire aujourd'hui, elles le feraient dans 8 ans ?
    Évidemment, ce sont ces interdictions qui seront indispensables dans 8 ans pour empêcher les camions de transiter à travers l'Andelle. Dans 8 ans.
    Une interdiction préfectorale, la même qui est prévue dans 8 ans, pourrait résoudre cette mise en danger permanente, et faire cesser immédiatement cet enfer quotidien pour les riverains.
  • Le coût du péage : c'est la gratuité dans la partie Euroise qui est demandée.
    Attendu qu'il n'y a pas d'avantage pour les Eurois :
    • Aucun gain de temps - même sans doute une perte de temps par rapport à l'A13 vers le rond point des vaches ou la sud III -,
    • Que cela coûterait plus cher en péage et en carburant,
    • Que cela induirait la perte d'usage de routes utilisées actuellement, gratuitement - le tout pour payer, et payer plus cher qu'en empruntant l'A13... ce que les Eurois, et les Casois, ne veulent déjà pas faire.
    • Que nous ruinerions nos paysages et notre qualité de vie - en payant, en plus, pour se faire battre ?!
    • Que nous finançons localement, et financerions encore plus, du trafic routier international - qui nous fait concurrence et n'apporte pas un euro dans les caisses.
    Le conseil départemental demande d'étudier la suppression du double péage au niveau d'Incarville.
  • L'infrastructure : c'est un tronçon Eurois en 2x1 voies qui conditionne l'avis du Conseil départemental. D'ailleurs, ce n'est pas nécessairement un contournement Est de Rouen qui est utile, d'où la suppression du terme Est de la délibération. Et le contournement Ouest de Rouen est évoqué, car ce contournement va désenclaver Rouen, et non l'Andelle.
  • Toutefois, le diable est dans les détails :
    1. Le département reconnaît la nécessité de l'infrastructure, qu'elle soit à l'Est ou à l'ouest. Ce qu'attend l'État, c'est la possibilité de faire cette autoroute.
      Reconnaître l'intérêt général et l'utilité publique de ce projet, c'est autoriser de réaliser le contournement tel qu'il est défini dans le projet.
      Ce projet, c'est une autoroute à péage qui va dévaster le territoire. Seules les interdictions de transit ne figurent pas dans le projet, car c'est une partie administrative qui n'est pas concernée directement. C'est le préfet qui en décidera s'il en décide un jour.
      Ce dont on peut douter, puisqu'elles n'existent nulle part, sur la RD438 pour emprunter l'A28, la RD 321, la RD 6015, la RD 6014, et les camions traversent Rouen comme
      Toutes les locutions et voeux proposés ne sont que circonvolutions verbales : l'État décide, in fine, de faire ou de ne pas faire, ce projet.
    2. le 2X1 voies reste une volonté.
      C'est un point non négociable du projet pour la DREAL : 2x2 voies sur toute la ligne, 8 viaducs, autant d'échangeurs (8 voies, 2 x 4 péages), paysages dévastés, coûts sociaux, coûts environnementaux.
    3. la suppression du double péage à Incarville peut vite être interprétée comme l'acceptation du péage à Val de Reuil. Donc du péage.
      Le département accepterait donc le péage, et donc renonce à la gratuité.
    4. Aucune contribution directe ne sera portée par le département pour ce projet.
      Mais qu'en est-il des contributions indirectes ?
      Une fois l'utilité acceptée, il sera difficile de refuser un financement voté pourtant, même avec hypocrisie ou malice.
    Attention ! Tant d'hypocrisie et de malice envers l'État - qui n'est ni sourd, ni aveugle, ni démuni en terme légaux - pourrait vite faire penser aux Eurois que la malice et l'hypocrisie, ce pourrait être eux la véritable cible.
    Et non l'État, les lobbies du BTP et des transports, ou les concessionnaires.

Je vote contre, mais je ne vote pas. Il n'y a pas de vote.
Avec un tel montant d'investissement, avec une telle contestation, un référendum régional devra être organisé.

Contournement Est : une des plus formidables contributions, très avancée techniquement

Une des contributions les plus techniques déposées. Formidable travail d'Arnaud Delannay, du collectif des Authieux.
Chapeau bas, citoyen ! Merci pour un tel engagement, merci à lui de s'être mis à disposition du public, du territoire, et des générations futures.
4000 pages à analyser, en seulement deux mois. Mais aussi les dossiers des services de l'équipement, de tous les services, et les rapports de l'Autorité environnementale, du Commissariat Général à l'Investissement, et tant d'autres, tout a été étudié pour dénoncer l'inutilité, les risques, et la toxicité du projet.
Mais aussi les zones d'ombre, les contradictions, et les mensonges, car il faut convaincre.
Là où le gratin de la politique régionale ou nationale nous explique que "le contournement Est est indispensable, utile, et nécessaire", il y a des citoyens qui travaillent sur le dossier.
Les citoyens s'excusent, cela prend des dizaines, et des dizaines de pages.
Ils s'excusent d'avance pour vous infliger des données très techniques, des graphiques compliqués, ceux-là mêmes que les services nous demandent d'analyser.
Pollution, trafics, données économiques, tout passe au crible. C'est argumenté, mais Arnaud n'est pas au gouvernement : il ne suffit pas de dire que le projet est inutile, pas nécessaire, qu'on peut s'en dispenser.
Il faut prouver : il prouve.
Messieurs Revet et Poniatowski se sont trompés avec l'A28. Il sont responsables. Mais non coupables.
Penserions-nous à véritablement modifier les comportements des transporteurs, et obliger le trafic poids lourds à prendre les autoroutes, alors que le gouvernement a abdiqué sur la taxe poids lourds ? L'écotaxe, qui nous coûte aussi près de 1 Md €.
Et puis développer le transport collectif en subventionnant l'automobile... L'automobiliste n'est pas qu'une vache à lait : il vote. Alors les politiques font en sorte de ne pas les accuser, et de leur promettre une circulation plus facile demain... en auto.
Mais la congestion par le trafic automobile vient du trafic automobile.
Ils font comment les gens, si on ne propose pas de transports collectifs, actifs ou intermodaux ?
Il font comment les vieux, les jeunes, ceux qui travaillent, quelle que soit l'heure.
Bref du transport avec des correspondances, une amplitude horaire suffisante pour toutes les activités : professionnelles, familiales, culturelles, et pour tous les âges.
Doit-on perpétuer en permanence les mêmes erreurs, commettre les mauvais diagnostics, en mauvais docteurs d'une excellente pièce de Molière ?
Promettre, échouer, détruire, et soumettre la facture aux contribuables et aux générations futures. Se payer sur la dette.
Nos politiques en assumeront la responsabilité, notre responsabilité. Mais sans jamais assumer la culpabilité.
Sans jamais réparer.

Loi travail décryptée en avril 2016 par un ancien inspecteur du travail

Pour ceusses et celles qui veulent comprendre la loi travail, la loi qui supprime les droit du travail, ou en partie, le droit du travail, vous pouvez regarder la télé.
Je sais pas si ça vous rendra plus intelligent, ou si vous aurez perdu votre temps, mais vous n'en saurez pas plus sur la loi travail. Et ce n'est pas en écoutant la retape des socialistes qui, plus ils hurlent qu'ils sont de gauche, et encore.... qu'ils sont LA gauche, et que donc la loi elle est de gauche, puisqu'ils sont LA gauche. Et donc vous n'avez pas besoin d'en savoir plus, parce que si la loi est de gauche, c'est bon pour les travailleurs, et pour les entreprises, et pour les actionnaires, et pour la commission européenne.
Le travail serait, selon eux, la soumission librement consentie. Donc égaux, car non subordonnés, mais libres. Donc libres et égaux, donc non soumis à des lois rigides.
Poubelle la loi du travail grâce à la loi sur le travail.
Richard Abauzit, ancien inspecteur du travail, vous en démontait les ficelles le 13 avril. Rien n'a changé, si ce n'est que les gouvernement de gauche a su se montrer parfaitement rigide pour apporter beaucoup de souplesse dans la loi. Pas la loi Valls/El Khomri. L'autre. La loi. Et le PS vous menace, si vous continuez de foutre le souk, de vous coller une bonne droite en 2017 !
Battez-vous pour vous droits, et puis foutons-les dehors. En marchant, en courant, en rampant, en sautant, on sera souples sur la méthode. Mais sans trop traîner quand même.
Et puis, parce qu'il en reste au PS, peu, peu, très peu. Si peu.
La Suite Commentez vite dit

Agenda

Articles Récents

#sauvonspmf : ite, missa est. La messe est dite : Lecornu ferme le REP à Val de Reuil et à la Madeleine !
20 décembre 2017 par nono
PMF, Pablo Neruda : Silence, on ferme !
7 novembre 2017 par nono
Eure : le Conseil départemental ferme les collèges REP, PMF à Val de Reuil, et Pablo Neruda à Évreux, “pour en finir avec les ghettos !”
7 novembre 2017 par nono
ALEXIS FRAISSE : un candidat à vélo, lui rigole. Le vélo, c’est facile.
9 juin 2017 par nono
Olivier Razemon : comment la France a tué ses villes, à Évreux
9 juin 2017 par nono
Eure : Lecornu ferme des collèges. Peu importe lesquels.
7 juin 2017 par nono
liaison A28-A13 : 5 candidats aux législatives donnent leurs positions
6 juin 2017 par nono
Citoyen Macron, notre résident de la République
15 mai 2017 par nono
34% pour le FN, Macron a senti le souffle de la victoire, Merkel aura senti le vent du boulet
8 mai 2017 par nono
Dimanche, je vais voter pour Macron, contre Le Pen
5 mai 2017 par nono
Région Normandie : la santé c’est l’autoroute. De qui se moque-t-on ? 48 000 morts prématurées en France du fait de la pollution !
7 avril 2017 par nono
Mobilité en Région Normandie : pour le FN, le vélo ne fait pas partie de la culture des Français
7 avril 2017 par nono
Transports – Une nouvelle gare à Évreux ? Ce que veulent les Eurois, c’est plus de trains pour la Normandie
3 décembre 2016 par Laetitia Sanchez
Contournement Est de Rouen : les effets attendus de la périurbanisation
20 juillet 2016 par nono
Gains de temps pour le contournement Est : 1,5 milliard €
20 juillet 2016 par nono
Contournement Est : à Montmain, des exploitants bio spoliés, la biodiversité menacée
19 juillet 2016 par nono
Contournement Est de Rouen, A28-A13 : la contribution d’Effet de Serre Toi-Même
18 juillet 2016 par nono
Contournement Est : la contribution de HNNE (France Nature Environnement pour la Normandie)
18 juillet 2016 par nono
Le contournement Est ne désenclavera pas l’Andelle !
17 juillet 2016 par nono
Contournement Est : une des plus formidables contributions, très avancée techniquement
16 juillet 2016 par nono
Contournement Est, A28-A13 : un projet politique, nuisible pour l’environnement, les habitants, la qualité de vie, la santé, les finances publiques et les collectivités.
14 juillet 2016 par nono
Loi travail décryptée en avril 2016 par un ancien inspecteur du travail
15 juin 2016 par nono
A28-A13 : un salarié de la CCI admet qu’on ne peut pas obliger les camions à prendre l’autoroute
12 juin 2016 par nono
Le département de l’Eure fermera plusieurs collèges et financera une autoroute
10 juin 2016 par Laetitia Sanchez
Liaison A28-A13, contournement Est de Rouen : pas d’indemnisations !
26 mai 2016 par nono
Contournement Est de Rouen : désolés, pas d’emplois !
24 mai 2016 par nono
EDF : le spectre de la réalisation des deux EPR à Hinkley Point s’éloigne
9 avril 2016 par nono
La menace terroriste pèse sur les installations nucléaires
3 avril 2016 par nono
Accident dans le bâtiment réacteur de l’unité 2 de la centrale de Paluel
2 avril 2016 par nono

Derniers commentaires

Suivez nous

suivez-moi sur facebooksuivez-moi sur twitterabonnez-vous en RSS
Europe écologie les verts - EELV